Du TAC au TAC

Quand les ados s’emparent de l’écriture théâtrale contemporaine

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Lettre de Mathis Clément à Simon Grangeat

lundi 8 avril 2019, par Celia

Le texte Du piment dans les yeux de Simon Grangeat faisait partie de la sélection Collidram 2019. Mathis Clément est élève au collège des Pierres Dorées du Bois D’Oingt. Il a souhaité écrire à l’auteur dans le cadre de l’étude du texte en classe.

Cher Simon Grangeat,

Votre livre est celui que j’ai préféré parmi tous ceux que j’ai pu étudier. Il parle d’un sujet que l’on entend beaucoup dans les médias mais c’est ce livre qui m’a fait réellement prendre conscience de la vie que peuvent mener certains enfants d’Afrique.
En effet, Du piment dans les yeux aborde des thématiques actuelles. Inaya est une fille d’environ notre age qui vit dans un pays où la condition des filles est très difficile. Vous nous faites comprendre qu’elle ne peut pas survivre seule après la mort tragique de son père. Elle devient une proie sexuelle qui doit absolument se cacher. J’ai été très choqué de voir qu’elle est contrainte de se couper les cheveux pour se camoufler. Malheureusement, Inaya est capturée par des miliciens qui l’enferment avec d’autres femmes. Quelle horreur de voir une adolescente devenir esclave sexuelle...
Un peu plus tard elle pourra s’enfuir grâce au sacrifice d’une de ses compagnes de cellule.
Le deuxième personnage de votre histoire est Mohamed. C’est un adolescent qui veut faire des études supérieures mais sa famille n’a pas assez d’argent pour payer l’école à lui et à son frère. Il va tout faire pour étudier. Alors, plein d’enthousiasme, il part chez son oncle où il sera censé aller à l’école. Au lieu de ça, il sera esclave. Il va donc s’enfuir en direction de l’Europe. C’est émouvant de le voir se battre de cette manière pour étudier.
Sur son chemin il croisera Inaya avec qui il continuera son long périple. C’est le destin croisé de deux adolescents qui doivent affronter l’enfer des migrants.

Un autre point fort de votre livre, c’est que, adolescent comme nous, nous pouvons facilement nous identifier à vos personnages. On peut se reconnaître dans le coté rebelle de Mohamed qui va à l’encontre des règles de la famille comme nous, nous pourrions le faire avec nos parents. Que penser de notre comportement lorsqu’on voit Mohamed se battre pour aller à l’école alors que nous, nous nous plaignons lorsqu’il faut y aller. Pour Mohamed, l’école est source de bonheur et d’avenir alors que pour nous l’école est une contrainte. On voit tout le désarroi de Mohamed quand il dit : « Je devrais quand même pouvoir continuer mes études comme tous les autres. Je devrais pouvoir ». Le message que vous essayez de faire passer ici est très fort. D’un autre coté, Inaya va avoir un comportement exemplaire face aux problèmes qu’elle va rencontrer. Comment ne pas souffrir avec elle lorsqu’elle doit couper ses cheveux pour se camoufler ? Nous pourrions nous demander ce que nous ferions à sa place.

Vous avez choisi d’écrire votre histoire sous forme d’une pièce de théâtre. Ceci me semble être une très bonne idée car l’art du vivant rend les émotions beaucoup plus fortes. Le fait d’avoir de vrais personnages devant nous est beaucoup plus frappant. On a l’impression que Mohamed et Inaya sont réellement là, devant nous, c’est très fort.

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