Du TAC au TAC

Quand les ados s’emparent de l’écriture théâtrale contemporaine

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Création théâtrale pour adolescents et ateliers

lundi 27 mai 2019, par Marine Dardant-Pennaforte

La Fédération est née d’une histoire et d’une expérience singulières du théâtre, celles de Philippe Delaigue. Après plus de 30 ans de créations, de rencontres, la fondation d’un centre dramatique national (la Comédie de Valence), il crée La Fédération à Lyon en 2017. Grâce aux commandes d’écriture à des auteurs contemporains, mais aussi grâce au compagnonnage artistique avec des compagnies émergentes, la Fédération associe les talents et les nécessités, posant ainsi les conditions d’un art résolument ancré, partagé.

Les Petites Mythologies
Marion Aubert, Philippe Delaigue, Perrine Gérard, Magali Mougel,

Quatre formes nomades de vingt minutes chacune.
Des commandes d’écritures faites à 4 auteurs contemporains, 4 courtes pièces interprétées par 4 jeunes acteurs, à l’adresse des adolescents.
Les grands récits de la mythologie gréco-romaine à la sauce contemporaine, pour déclencher rencontres et discussions autour de ces "vieilles" histoires qui se développent à l’infini et nous parlent au présent.
Des ateliers de pratique artistique pensés en lien étroit avec ces différentes écritures. La découverte de nouvelles formes de pratique de l’art dramatique, notamment la figure du clown de théâtre.

Comment mettre en scène le monde, prendre la lumière sur un plateau, jouer sur la notion de représentation ? Comment travailler sur un rapport sensible aux textes proposés et aux thématiques brûlantes qu’ils interrogent, pour la génération des « Digitale native » ?

Ces formes légères ont été écrites pour des adolescents, et imaginées pour être jouées en collèges et lycées – à partir de la 4ème. D’une durée de vingt minutes chacune, elles se proposent de revisiter les grands récits de la mythologie gréco-romaine à l’aune de notre présent. Les textes relèvent de 4 registres et de 4 langues différentes qui sont toutes percutantes à leur façon. Les thématiques abordées sont très diverses, du statut de la femme au narcissisme, et du viol à l’homosexualité.

Voici la configuration dans laquelle nous invitons élèves et professeurs : 2 représentations de deux pièces le matin, jouées deux fois de suite, simultanément dans deux salles de classe. Et les deux autres pièces l’après-midi, jouées également deux fois de suite dans les deux salles. Dans le temps d’une heure de cours pour chaque pièce : une représentation suivie d’un petit débat. Une même classe peut ainsi voir 2 pièces et participer à 2 échanges avec les comédiens sur 2h de cours. Nous proposons donc 8 représentations sur la journée, qui peut toucher 60 élèves par représentation.
Nous pouvons aussi jouer les quatre pièces à la suite - Format Intégrale - dans le grand lieu d’un lycée ou d’un collège (gymnase, auditorium…), mais également sur des plateaux de théâtre (Tout public).
En parallèle des représentations, nous organisons des ateliers dirigés par les comédiens (session de 12h à 15h). Nous adaptons l’organisation du temps en fonction des établissements. L’objectif de ce croisement entre représentation et pratique est de solliciter la force créatrice des élèves en la reliant concrètement à la pratique des professionnels avec qui ils vont découvrir l’art de l’acteur, la figure du clown et le texte de théâtre.

« (…) Ce spectacle était vraiment bon parce que le metteur en scène, même en utilisant de l’humour pour raconter les histoires, a réussi à passer un message critique et sérieux contre certaines choses qui se passent de nos jours comme par exemple le narcissisme, qu’on trouve beaucoup dans les réseaux sociaux, les préjugés et la discrimination qui existent malheureusement jusqu’à aujourd’hui contre des gens qui sont ou pensent différemment ; l’exemple utilisé dans la pièce était l’homosexualité.

Donc c’était ma conclusion, vraiment c’était une très bonne pièce, qui utilisait des mythes antiques pour montrer quelques erreurs de notre société actuelle. »
Danielle
Élève de 3ème du Collège JC Izzo à Marseille – Février 2018

Quelques petites choses qui n’ont pas fonctionné :
Nous avons pu constater que les impacts sur les jeunes ne sont pas les mêmes lorsque les professeurs ne sont pas réellement impliqués. Quand les élèves ont été préparé à notre venue, quand ils ont étudié les mythes qu’ils vont découvrir dans une version moderne, le dialogue est alors plus consistant, les échanges vont plus loin, les imaginaires sont stimulés bien davantage…
Par ailleurs, le fait que les comédiens sont très jeunes pose parfois des questions. En effet, ils peuvent être maladroits dans la formulation de leurs réponses. Ils vont parfois trop loin dans leurs questions aux ados. Les sujets étant brûlants pour ces êtres en construction, il s’agit de manier avec douceur cette matière sensible… Nous apprenons de chaque échange, de chaque confrontation…

Pépites, trouvailles, bonnes idées à partager :
Ce projet fonctionne car il repose sur l’échange et l’ouverture. Chacun est amené à s’exprimer et à dépasser ses a priori. Les spectateurs découvrent des artistes et des auteurs grâce à ce travail. Grâce à ces temps de discussion après les représentations, les jeunes spectateurs peuvent s’exprimer, formaliser les questions qu’ils se sont posées pendant la pièce.
Les textes présentés sont faits pour déranger et être difficiles. Les pièces apportent des réponses multiples, les amènent à se poser des questions.

Philippe Delaigue est artiste associé à Château-Rouge – Scène conventionnée à Annemasse. Ce partenariat est très essentiel et nous apporte un autre regard sur notre travail !

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